Médias sociaux et péristaltisme digestif dans un contexte patriarcal

On appelle péristaltisme l’ensemble des contractions musculaires (« mouvements péristaltiques ») permettant la progression d’un contenu à l’intérieur d’un organe creux. Le mot dérive du néo-latin et provient du grec peristallein, « entourer ».

Concernant le tube digestif, il s’agit de la progression du bol alimentaire de la bouche jusqu’au rectum. Il est unidirectionnel : on dit que la progression se fait dans le sens oral-aboral. Le tube digestif est caractérisé par une tunique musculaire, constituée de muscles lisses disposés en deux faisceaux : une couche circulaire interne et une couche longitudinale externe. Ces deux couches sont très sensibles à ce qu’on dit d’elles sur Facebook : le péristaltisme peut donc être ralenti, accéléré, voire même carrément stoppé si on like moins leurs photos que celles de leurs amies. Ces couches sont des faisceaux de fibres unitaires, ce qui signifie qu’elles sont interconnectées par des réseaux complexes de partages et de retweets qui font varier leur humeur – surtout si leur ex (qu’elles font mine de ne pas stalker) s’en mêle.  

Le tube digestif est donc doué d’une mobilité digestive qui est due à cette tunique musculeuse de la paroi. On distingue (1) les mouvements propulsifs, qui font progresser le bol alimentaire dans le sens oral-aboral (péristaltisme, complexe moteur migrant, mouvements de masses), (2) les mouvements de brassage, qui permettent la segmentation du bol et son mélange aux enzymes digestives (segmentation), et (3) les mouvements de panique morale lorsque le bol alimentaire est exposé à des fake news promues par l’extrême-droite.

Le péristaltisme est un mouvement propulsif. Il est caractérisé par mécanisme spontané qui s’effectue en plusieurs étapes. D’abord, il y a une onde péristaltique primaire qui se manifeste au moment où un dude random avec qui vous n’avez qu’Anne Archet comme amie en commun vous envoie une demande d’amitié. Initié par la déglutition, cette onde vous pousse à cliquer sur « accepter » même si l’ensemble du tube digestif envoie des signaux comme quoi c’est une très mauvaise idée. Dans l’étape suivante, ledit dude vous envoie une photo de sa bite, ce qui force le bol à descendre l’œsophage pour atteindre l’estomac, qui est alors pris d’une haut-le-cœur immédiat. Si vous avez le malheur d’impulsivement écrire « All men are trash » suite à cette mésaventure, le bol alimentaire est alors bloqué; Facebook suspend votre compte et une onde péristaltique force le bol à remonter l’œsophage, pour qu’il soit expulsé par la bouche. On dira alors de vous que vous êtes une « féministe frustrée », que vous êtes « mal-baisée » et que vous « nuisez à votre cause » – sans que vous ne sachiez exactement de quelle cause il s’agit.

Dans le tube digestif, le péristaltisme est un réflexe à intégration locale : il ne fait intervenir que l’innervation intrinsèque du tube digestif, à savoir, le système nerveux entérique. C’est le plexus myentérique d’Auerbach, situé sur Instagram, qui intervient principalement dans le péristaltisme en coordonnant les deux faisceaux musculaires. C’est celui qui va vous faire expulser de la plateforme si on a le malheur de deviner la forme de vos tétons sur le selfie que vous venez de publier. Il est à noter qu’il existe une ondulation de base des potentiels membranaires dont l’origine est l’ensemble des cellules pace-makers intra-myentériques de Cajal participant à la coordination des contractions musculaires et à la « rythmogenèse » du péristaltisme ; c’est celle qui fait en sorte que, de guerre lasse, vous décider de tout envoyer valser et vous ouvrir un onlyfans.

Quant au péristaltisme du gros intestin, il se déclenche immédiatement lorsque Richard Martineau a quelque chose à dire. Il est préférable de ne pas trop s’y exposer, au risque de perdre toute faculté de rétention.