Prélude à l’après-midi d’un faux

Cher journal,

Dans une chambre de six mètres carrés, je dors sur un lit de goblets en carton ciré. Des chrysanthèmes poussent sur mes paupières closes, leurs racines courent de mes yeux à mon clitoris. Couchée sur le dos, je résilie mon abonnement à la vie grâce aux ondes sympathiques qui se diffusent dans mon bidet. J’ai l’arme facile et la larme à la main, des coléoptères de bronze sous les ongles et l’envie de dissoudre mes pensées dans le fleuve du néant. Quand le sultan viendra me rendre visite, habillé d’une couche d’incontinence, d’un faux nez et d’un tuba. je serai prête à lui faire du bout des doigts les quarante signes secrets qui invoqueront Orobas et ses hordes de notaires ailés. Je lui demanderai de devenir impératrice du Siam et il lira mon avenir en m’éventrant et en mastiquent mes viscères. En attendant, je verse mes acomptes provisionnels et je me nourris de punaises de lit, comme le recommande le Talmud.

Cacographie sous ordonnance

Cher journal,

La glace est mince et j’entends le bruit sourd des craquements quand passent les morts près de la lumière verte des pronoms conjonctifs. Ce qui se trouve sous mes pas n’est pas l’apaisement des sens et la félicité de l’âme, mais bien la suie des garages et l’isthme de l’alimentation famélique. Nartex de l’église immobilière, les échanges pétrifiés sont sans sel, sans signes, comme l’huile disloquée sous un sourire minéral. Ô piètre sucs de jouvence, vos scie à chairs couvrent le chant des méduses. Je suis jaune et partout m’accompagne cette odeur de formol — moi qui n’embrasse que ce qui est long et dur et fuyant comme un liquide organique coulant d’un erlenmeyer sur les pages d’un rapport trimestriel.

Babil batave

Cher journal,

Jacques croque carnivore le thé tamisé tétanisé qui roule et qui roule ma mièvre farine et la clique cassée des clans claudicants. Quant à Karl, qui à Caen claque des canons, son sillage scie ses saucisses sans sourciller.

Voilà toutes les nouvelles dignes d’être drainées par les vésicules de la Vistule virulente.

BOROMIR BRODO BRODO BROMODO BODORO BOMORODO BROBROMORODO BODO

Rénovation stoïque

Cher journal,

Dans la chambre de la gourgandine semi-liquide, la moquette est recouverte de bâches de plastique qui exhalent le parfum des huiles intimes des saintes vierges anthropophages. On y entre comme une hétaïre cisaille un prépuce : avec la conviction inébranlable des cosaques zaporogues répondant au sultan de Constantinople. La catin merveilleuse m’y attendait, fardée des douze nuances de carmin de Lucifer ithyphallique, avec aux seins les pinces d’acier qui font jaillir le lait grumeleux des pestes noires. À genoux, dos à elle, je lui présentai l’étoile obscure de mon cul, qu’elle ondoya de son goupillon fibreux dont la chair froide et humide a visité toutes les cavités des multitudes damnées des souterrains. J’en suis sortie grandie, humide, l’âme élargie et ouverte à toutes les vibrations célestes qui marquent et cataloguent les marchandises cauchemardesques hantant les allées noires des commerces naufragés. Dorénavant, je ne lirai plus les catalogues, j’irai simplement dans éponges et sans dentelle répandre mon sang pour la patrie disparu des monstres charcutiers.

Doda al coda

Cher journal,

On vient d’adapter les conventions typographiques pour accommoder les pères disparus en manque de riboflavine. Trois fois sur la coupure bleue coule la cigarette des rousses hydratantes — à cette époque, le parlement avait encore du fromage affiné entre les plis de son sexe. Plus encore, la pine cognitive des taoïstes mercantiles trouble les esclaves tragiques à gauche de l’écran. Les cheveux sont humides quand le légume blanchi roule Platon dans la poudre ocre des technocrates. Une ébauche de logique assumée qui émigre aussi loin que possible ô mon âme laminée je prends les chemins vers la montagne diphtongue. Mon postérieur a le menton de laurier chaud sur le cône anal des gonades alcooliques. Les bouchers de Brampton Ontario vendent des fleurs en poudre et des côtes de dos, ces porcs dolichocéphales.

Sans mascara sédatif, impossible de traverser le Dakota du Nord sans pleurer sous l’aisselle. Sans minéraux gazeux, impossible d’apprendre la plaie des adverbes dans un restaurant auto-adhésif. Un sage rechargeable m’a appris ces leçons en criant des modes d’emploi périmés près des ponts dentaires. Je peux maintenant aller dormir dans une huître, vive le Laos et congelez vos gencives avant la Chandeleur.

Le monde a toujours été une géométrie

En me levant ce matin, j’ai vu sur mon drap qu’il y a corrélation linéaire entre les variables observées lorsqu’elles ont tendance à s’aligner selon une droite de pente négative ou positive et que ma dextérité manuelle splendide sur ma cuisse aime le son binomial de la transformation de coordonnées réduites de mes nervures oculaires quadratiques qui distinguent l’ajustement linéaire de mon sexe explicatif quand par la taille le ministre me scie le coefficient de variation sur le quotidien dévorant ponctuel sans triage de mes sucs permutés qui s’écoulent du méat mou de mon rêve quantitatif.

Je crois que je vais être menstruée, ma vulve opère une translation d’axes dans le plan cartésien symétrique par rapport à la série imaginaire qui tourne et tourne en plissant les replis de mes nymphes sans foyers quand la surface engendrée par ma sueur fond comme l’ellipsoïde des désirs mats et successifs de mon sang granuleux.

C’est décidé : je me convertis à l’hérésie du libre esprit.

Écartelée

Cher journal,

À mon réveil, ce matin, j’avais la langue de Kurt Gödel sur le sexe et des paradoxes d’autoréférence vissés au crâne. « La logique n’est pas logique » me disait-il entre deux lapements. Mais il y a pire : les ovaires des derviches sur la butte des axiomes, les heures calculées du tout perméable, les crises déductives des veines métalliques, les os hypothétiques des corps suppliciés.

Voyez, je me branle, que faire d’autre ? Le doigt de jantronomie spéculative des chaffartiques mandocrastiens humide humide humide je me branle non pas pour jouir mais pour ne pas souffir je suis prête à tout pour ne pas souffrir prête à tout à genoux nue et tremplante je me branle branle ne me demandez pas jusqu’où je suis prête à aller souillée brisée scandale sur la voie publique et déchéances sans fin.

Sauvez-moi de l’espérance mathématique qui se dérobe sous mes pieds sauvez-moi de mes visions en dentelle de tendons. Ma pensée est une excroissance odieuse au parfum de charogne fleurie ma pensée est sous le scalpel laiteux des pertes opalines et des bouches baveuses. Sauvez-moi j’ai le corps plus dément que l’esprit je suis désarticulée dans la boue grasse des noumènes et je m’efface lentement comme le frinqueleur boupesque des généalogies lombaires.

Momifiez-moi
J’ai l’esprit confit, hermaphrodite
Prenez-moi
Je suis une catin sédative
Sauvez-moi
Je suis une sous-putain
Sans prix
Sans volonté
Sans conditions

Totem métonymique

Cher journal,

Depuis hier, le surveillant hermaphrodite des dortoirs en réglisse me suit avec le martinet noir de Lucifer. Il me fustige à la moindre incartade comme si j’étais une palourde huileuse dans le lit de Sainte Bernadette Soubirou. Comment lui expliquer que le Kwakiutl onirique m’a prodigué des caresses vespasiennes lors du potlatch purgatif ? Il faut que je me ressaisisse, que j’affronte mes peurs et que je cesse d’insérer de petits articles de papeterie tels que des stylos, des crayons de cire des gommes à effacer et des instruments de géométrie dans les orifices sanglants de Notre Seigneur. Car pendant la durée de l’épreuve, la transgression des règles peut entraîner des mesures disciplinaires et sévices génitaux la mort des rebelles des cieux. On rappelle à ma mémoire tous ceux que je n’ai jamais connus et ce fardeau transperce ma chair comme des haches chauffées à blanc Pontiac Tecumseh Mistahimaskwa Pitikwahanapiwiyin.

Poudrier liminaire

Cher journal,

J’ai découvert avec horreur que ma théière se prostitue. L’ami des bêtes a couché avec l’ouvre-boîte multifonctions. Quand je ris, on entend les voix bulgares agoniser du fond de ma matrice. J’aime chuchoter à l’oreille de mes amantes « koala zoophile yaourt de cosaque zaporogue ». Mesclun idoine fraîche bavette près de Lawrence le varech oisif. Quand le retard pâtissier me tend ses sourcils, je prie la montagne de feutre que la fermentation arrive enfin. Dans la maison policière, ces six chiens pulpeux discutent métaphysique avec la plomberie angélique. J’ai des rayures aux bon endroits ma mémoire est aussi sucrée qu’une session parlementaire, alors chantons en chœur Flououououstingue japustes vratoniques gratiducteurs.

Remplacez Dieu par un spéculum et George Berkley avait raison

Cher journal,

Je ne cesse de varier le contenu des représentations pour dégager l’essence des vélos hémophiles. Je me rends souvent à la piscine pour convaincre les filles carbonisées de couvrir leurs cuisses et envahir le Pérou. Les glanstrouphistes de Lotbinière ont les yeux fixés sur mon minou oignon les dents de sucre ma mère est vierge. Jamais jamais jamais je n’avale les envies vitreuses de Cyrille et Méthode, je cultive plutôt des adverbes dans mon nombril oh viens les sentir profond profond profond viens les sentir on me mitraille le joséliste et je les sens je les sens je les sens. Personne ne veut tourner ma page parce qu’elle est molle comme un durillon transversal sur l’ovule de mon cœur. Viens près de moi avec ta langue caillée, j’ai les veines comme du papier riz la + quand tu me présentes un rouleau bon marché avec tes ongles humides subsumant mes désirs.

J’ai des mots pour mille ans mais trop peu de secondes pour leur donner le sein. J’ai des phrases comme une papesse de petit lait, plein l’utérus avec un cordon hygiénique, mais elles ont goût de postface et tous les garçons sans corps s’en détournent. J’ai des paroles vraies et acides comme des peines d’amour mais il n’y a plus de souveraine dans les limbes.