Slogans à cloche-pied

identifier – réaction – explosive – personnelle – pas du tout – réflexion – domaine catastrophique – quelqu’un – invraisemblable – élimination – quelconque – couvrir la ville – la laideur des fontaines – fracas de qui? – sottises d’épiderme – réactions séculaires – les barrages lettrés – perfection critique – postuler le pire – le silence des miroirs – prolétariat vert – thèses de jamais – stocker des armes – plateforme oubliée – dernier espoir – une fille de Laval

Le ciel n’a plus de poutres
Les crochets vous fouillent
Les chairs sombres

En gros titre :

UN JOLI BAS DE NYLON     IMPORTÉ DE CHINE    AFFÛTEZ VOS LAMES IL N’Y A PLUS D’AVENIR ACHETEZ DES PILULES     POUR DÉCOUDRE LA LUMIÈRE

Au retour de l’ogre, surveillons nos ovaires, faisons tremper nos cerveaux dans le petit lait et retournerons aux barricades

Salade de roches

J’empaille des syllogismes dans la cuisine et on m’empale le sophisme dans la chambre à coucher.

Profitez de nos aubaines – des nouvelles du front – mort de la fille d’aspect cuir véritable – pour un temps limité – des rigoles de douleur – oignons sexuels – pot rustique pour infirmier mégalomane – vaste offensive des soldes analphabètes – mes melons moulés sur la plaine pleine de peines péniennes- vélo volé du mâle maléfique, mais mouvant – deux nouilles oranges et limonade rose – un repas en quinze minutes avec ce qui se trouve dans votre grenier – les libéraux ont de grandes aiguilles – Big Bang format familial – craie crue carnivore – canard en vitre – connard en mitre – pire pétoncle que ptérodactyle – Crudité du champ de bataille national – mort de l’ail dans l’outre perlée – potiron poisseux vive la papesse poitrinaire – de l’huile l’éponge du Christ et de la poussière comme liant – il me manque des cailloux pour poncer mes dents et devenir enfin angélique

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Constatations devant la glace

  1. La ritournelle minuscule est une valve caillée sur la lame végétale de mon cœur.
  2. La nièce de Satan s’est inscrite à des cours du soir; elle travaille comme standardiste à la compagnie de chaussures qui emploie des enfants dans son usine souterraine.
  3. Savoir conjuguer le verbe «falloir» à la première personne du singulier n’est pas donné à tout le monde. En fait, il n’y a que les clowns masturbateurs et anthropophages qui adoptent une phase assez liquide pour imbiber suffisamment la grammaire et ainsi accomplir un tel exploit.
  4. La charrette des lépreux a des roues de roquefort et laisse des traces vertes sur le tapis floral de ma salle de bains.

Effets secondaires

Zyprexa – Faiblesse dans l’inconnu en compagnie d’esprits sans ailes.

Seroquel – Côtes et cris quand sur la langue l’hymen est rance.

Chlorpromazine – Les amis de l’ordre dans un jet de foutre grumeleux.

Clopixol – Ongles d’acier grattant l’hémisphère.

Mepronizine – Orient secondaire, résidus vifs de larves cochléaires.

Seropram – Personne sur les rangs, bruit mat et sexe livide.

Tercian – Un pendu en érection au bout du lobe de mon oreille.

Norset – Semences de bourses et choix d’entrailles.

Anafranil – Le volet sirupeux des cils offerts.

Risperdal – Fini le nombre, fini le front percé, finie la soif de dessein.

Equanil – Chute libre en se penchant sur les zones jaunes.

Leponex – Homme de sable contre femme liquide.

Haldol – Mutisme et stupeur alors que hurle le messie purulent.

Noctran – Larmes de sang noir glissant dans le nombril.

Solian – Baignoire de ressemblance entre deux faits isolés.

Compazine – Frottements en provenance des profondeurs.

Lorazepam – Néant sourd, froid et immense fromage monolithique.

Insertions exquises

Un chien dans un jeu de quilles
Une carotte dans un vagin carnivore
Un scalpel dans l’oreille d’un sourd
Une princesse dans une enseigne électrique
Un robinet dans un nuage lourd
Une manivelle dans un fromage persillé
Un pois chiche dans un pot de vaseline
Une tartine dans des sables mouvants
Un curé dans une sécrétion nasale
Une litote dans un drapeau noir
Un vibromasseur dans une couverture électrique
Une fellation dans un garage ultra-moderne
Un bol de lait dans un train déraillé
Une cigarette dans un œsophage
Un livre pornographique dans un rêve absurde
Une envie de mort dans un rapport de police
Un sou noir dans un traversin diabolique
Une contravention dans une piscine hors-terre
Un missel dans un cirque bulgare
Une partition de violon dans une seringue hypodermique
Un kilo de caviar dans une pelle à fumier
Une fille de joie dans un autobus scolaire
Une poire à lavement dans un fonctionnaire municipal
Un cigare cubain dans une poutine extra-sauce
Une cerise confite dans un ami des bêtes

Érection gynopède en huit étapes

  1. Le sénat dispose d’un droit de veto suspensif dans chambre à coucher;
  2. Une cravate blanche plastronnant sur un col alimentaire;
  3. Vessie de saint Paul, ô ma douleur dans l’ombre du jour;
  4. Dissociation automaticovolontaire des portraits grisâtréronds aux dents poudreuses et salines;
  5. Quand un Chichimèque véloce roule l’opéra flottant des gares héréditaires aux pistes du séminaire;
  6. Mes glandes de skene en lamelles historiographiques sur la pièce montée de la baronne de carbone;
  7. Outre gastrique et émotions d’écailles;
  8. La critique n’est possible que ployée sous le fardeau des désirs logarithmiques de mon clitoris précambrien.

Masse sporulation

Ascomycètes
Baveux et gluants
Courbes d’amante
Cils de corail
Visqueux entrouverts

Aleuria aurantia
A-t-elle aussi faim
Que ma peau orangée
De s’enrouler autour
D’un phalle fungique ?

(Ou alors est-elle blanche –
Amoureuse neigeuse –
Lampion laiteux s’égouttant
En cire lente sur le cadavre
Vanillé crémeux de mon buisson ?)

Myxomycètes de velours
Délicats boutons de chair
Saumonée dans leurs replis
Comment ne pas vouloir
Caresser ces perfections luisantes
Innocences douces humides

Basidiomycètes
Plissés ondoyants
Comme ma pauvre
Cervelle blasphématrice
Leurs circuits hérétiques
Font vibrer ma peau
Sueurs et envies

Perdue dans les crevasses de ma cave
Les fongi cérébriformes me cuisent
Infiltrent mes sillons
Croissent et me remplissent
Pulsatiles turgescents
Hyménium aiguillon
Se soulevant et saoulant
Mon souffle

Vox populi

Je suis proche d’être en faveur de la peine de mort car il est bon d’éprouver de la peine à la mort de ses proches.

Je suis en faveur du français comme langue d’usage unique de l’administration publique car j’aime bien qu’un Français m’administre des faveurs en public uniquement avec la langue.

J’irais jusqu’à être d’accord pour qu’on laisse les enfants prier à l’école car c’est normal que les enfants se laissent prier pour aller à l’école.

Je suis d’accord avec le devoir d’observer la ligne du parti au pouvoir même si on doit faire la ligne pour pouvoir observer mes parties.

Finalement, je suis socialement en faveur du suicide assisté car je comprends que les assistés sociaux puissent finir par vouloir se suicider.

Poulet tranché de mon cœur

La plaie de muscade traverse le Lac Saint-Jean
Vertu tendre de la gorge technique sur la butte
Glande de peur mes orteils verts de sucre d’érable
La cathédrale plie mes verrues il est vingt heures

Il est des routes magnétiques qui récurent le sommeil
Grande galerie flamme menstruée foie de chochon rave
Mes joues attendries sourire de boucherie téléologie
Ma peau de tôle galvanisée j’ai besoin d’un doigt ici

Mes bielles sont jaunes sous la pluie digestive
Demain le sens aura l’autoroute différentielle
Je suis une huître elle est un gangster
Mes dents sont bleues clito de nacre

À ma décharge

Si je suis folle c’est que je ne veux pas mourir.
Si je suis mouillée c’est que mes rêves sont trop bleus pour ma propre taille.
Si je suis inerte c’est que moine transversal s’agite dans l’eau du bidet.
Si je suis putain c’est que l’étable vaginale accueille l’axe de la mort en son sein.
Si je suis esclave c’est que les verges pyrotechniques lancent leur lait sans valises sur le sol.
Si je suis amoureuse c’est que les crustacés de mon sexe en bannière ont fini par prendre le dessus.
Si je suis inflammable c’est que l’araignée-miroir a suivi le courant jaune des flagellants.
Si je suis damnée c’est que l’ombre agricole me perce des fenêtres dans les pupilles.
Si je suis sainte c’est que la bave bienheureuse des vulves sans sel a plié en quatre le papier fin de mes songes.
Si je suis une femme c’est que mon désir a trouvé les mécanismes froids des cunnilinctus carnivores.
Si je suis morte c’est que j’ai épuisé ma folie.