La petite fille au variant

(Mashup entre le conte d’Andersen et les consignes sanitaires du gouvernement du Québec.)

C’est la veille Noël. Dans le contexte actuel, et particulièrement en raison de l’émergence du variant Omicron, des mesures additionnelles entreront en vigueur dans plusieurs milieux. Le soir tombe, glacial, sur la ville. Le télétravail est recommandé. Sous l’œil indifférent des passants, une petite fille aux cheveux blonds et bouclés marche tête et pieds nus dans les rues enneigées. La distanciation de deux mètres et le port du masque sont pratiqués en tout temps. La petite fille vend des allumettes. La rentrée scolaire est reportée en présentiel au 10 janvier. Elle n’ose pas rejoindre le taudis de ses parents. À l’intérieur, on maintient une limite de dix personnes (ou les occupants de trois résidences). Personne ne lui a acheté d’allumettes. La capacité d’accueil des commerces est réduite à 50%. Elle a perdu les pantoufles usagées de sa mère, bien trop grandes pour elle. Les spectateurs doivent rester assis. Épuisée et grelottante, elle se blottit dans l’encoignure de deux maisons.

Pour réchauffer ses mains gelées, la fillette frotte une allumette sur la muraille. L’utilisation des tests rapides de dépistage est recommandée. La voilà assise devant un grand poêle en fer au couvercle de cuivre reluisant. Le passeport vaccinal reste en vigueur. Un bon feu y flambe. Elle en approche ses pieds. La danse est interdite, mais aussitôt l’allumette consumée, la vision s’efface.

L’enfant craque une deuxième allumette. La gestion de l’achalandage s’effectue par prise de rendez-vous. À travers la muraille devenue transparente comme une gaze, la fillette voit une table dressée avec sur la nappe blanche éblouissante de fines porcelaines. Il y a rehaussement des visites de contrôle en priorisant les milieux à risque. Une oie farcie de pruneaux et de pommes fume en dégageant un parfum exquis. Une troisième dose de vaccin est offerte aux plus de soixante ans. Quelle merveille !

La petite fille craque une troisième allumette. Les masques sont réintroduis dans les classes et on recommande des mesures d’aération accrues. La fillette se trouve sous le plus magnifique sapin de Noël qu’elle ait vu. D’innombrables bougies y flamboient. Pas plus de vingt-cinq personnes ne peuvent participer aux mariages et funérailles. Les images multicolores qui pendent à ses branches vertes semblent lui sourire. Elle tend la main. On espère un aplatissement de la courbe, mais la lueur s’éteint.

Les chandelles s’élèvent au ciel et se transforment en étoiles. Le télétravail reprend pour tous les fonctionnaires. L’une d’elles redescend vers la terre dans une longue traînée de feu. Elle ne peut pas organiser de karaoké. L’enfant se rappelle alors les paroles de sa grand-mère décédée depuis peu : lorsqu’une étoile tombe, c’est qu’une âme monte à Dieu. Les activités des chorales sont suspendues jusqu’à nouvel ordre.

Une quatrième allumette provoque une grande clarté. Le premier ministre s’adresse à la nation. La grand-mère apparaît, douce et radieuse. Il était impossible de prévoir l’arrivée de ce variant. Alors la fillette allume fébrilement tout le reste du paquet d’allumettes. Nous gérons cette situation au mieux de notre connaissance. La fillette craint de voir son aïeule s’évanouir. Nous ne referons pas les mêmes erreurs dans les centres de soins de longue durée. Il se produit un éclat plus vif que le jour. Les visites seront strictement contrôlées. Jamais la petite n’a connu sa grand-mère aussi grande ni aussi belle! L’important, c’est de protéger la population à risque. La vieille femme prend l’enfant sur son bras et toutes deux s’envolent. Le système de santé en est presque arrivé au point de rupture.

Le lendemain, on retrouve la petite morte de froid, sourire aux lèvres. Ça va bien aller tout le monde.

Jour de Noël que ce jour-là

(Un mashup de Dies Irae et des meilleures chansons de Noël entendues dans la queue de la caisse à l’épicerie.)

C’est la belle nuit de Noël
Jour de colère que ce jour-là
N’oublie pas mon petit soulier
Prenez soin de ma fin prochaine

Rien d’impuni ne restera
Mais le ciel est bleu
Oh quand j’entends chanter Noël
Dans le vallon s’accroche l’hiver

Quand le Juge tiendra séance
Avec ses jouets par milliers
La faute rougit mon visage
À travers les coteaux

Et bonne année grand-mère
Aux flammes âcres assignés
Avec ses grelots
Et les petits le guettent

Chargé de jouets et de cadeaux
Que dirai-je alors, pauvre de moi ?
Voué aux flammes ardentes
Dans les grands sapins verts

L’heure où le bon vieillard descend
Et le traîneau joyeusement dévale
Parmi les sépulcres de tous pays
Nuit de Noël de sapin parfumé

Boule de neige et jour de l’an
Juste juge de votre vengeance
Partout tu fais naître la joie
Le feu danse dans la cheminée

Au petit trot s’en va le cheval
Il réduira le monde en poussière
J’aime revoir mes joies d’enfant
Roi de terrible majesté

Les enfants le cœur vibrant d’espoir
Rassemblant tous les hommes devant le trône
Et au réveillon
Quelle terreur à venir !

Le sapin scintillant
Le cœur contrit comme de la cendre
Qui s’en va sifflant, soufflant
Je songe à d’autres Noëls blancs

La saucisse de la pandémie anale

(Mashup des directives de Santé Canada concernant la prévention de la covid, les conseils du Cosmo concernant le sexe anal et une recette de riz aux saucisses de Ricardo.)

La saucisse de

   votre partenaire

          vous ressentez

       un

masque

     le nez éternue

Tenez-vous

    avec le sexe cuit dans un anus de format moyen

        un préservatif si désiré

le bouillon de sexe

  vaginal

         pour toujours être du riz et tout le persil

     poivrons verts à la distance de l’eau,

      ou suffisamment de

sexe vaginal si vous avez du savon

         et explorer le confinement rectal à sec

   Ne pratiquez pas le gel hydroalcoolique

           Évitez une distance de deux mètres dans l’anus

  Utilisez le sexe anal si vous

      faites saisir les saucisses dans

     un préservatif artisanal ou médical

Fréquemment vacciner pour faire revenir la pénétration

        de votre anus qui doit cuire la distanciation

     à feu moyen

Contaminez votre plaisir au goût

Trump est-il une pompe à pénis?

(Cutup d’un article sur les dispositifs de rigidité masculine et d’un texte d’opinion qui explique en quoi Trump est un fasciste.)

Depuis l’élection de Donald Trump à la présidence en 2016, les États-Unis et le monde entier ont dû faire face à une question qui a paralysé l’Amérique pendant des décennies, bien que rarement de manière aussi agressive : les pompes à pénis fonctionnent-elles?

Le fascisme est une technique pour gagner du pouvoir et il va sans dire qu’être excité est un élément clé pour maintenir une érection. Les pompes à pénis sont généralement considérées comme sûres, mais elles peuvent ne pas convenir aux personnes souffrant de certains troubles médicaux. Bien sûr, Trump peut gagner un peu de longueur supplémentaire grâce à une pompe, mais c’est un gain temporaire. Une pression d’air trop élevée dans le cylindre peut également provoquer un léger saignement sous la surface de la peau, voire même donner de la légitimité à des groupes d’extrême-droite violents.

Rien ne tue l’ambiance ou l’élection comme arracher les poils d’un pubis touffu. Un cockring trop serré ou laissé trop longtemps en place peut provoquer des ecchymoses, un engourdissement et un refroidissement de son pénis, ce qui explique pourquoi Trump a intensifié ses attaques contre la presse.

Le fascisme crée un récit de victimisation et de perte, sapant la vérité, colportant un nationalisme extrême et remontant à un passé glorieux. Donald Trump est-il fasciste ? Trump est un aspirant dictateur. S’il veut être à l’aise avant de mettre la pompe en marche, le lubrifiant peut rendre la masturbation encore plus agréable. Les résultats sont toutefois à très court terme, lorsqu’on les compare à ceux des médicaments.

Le déclin de l’État américain, confronté à une histoire d’esclavage, de racisme, de xénophobie et de violence sur son territoire et à l’étranger, suggère qu’il y a un potentiel pour qu’il devienne fasciste. C’est une raison réaliste d’utiliser une pompe à pénis, car ces résultats, bien que modestes, ont l’avantage d’avoir été observés et confirmés.

Trump rêve de devenir l’homme fort de l’Amérique. Un anneau de constriction – mieux connu sous le nom de cockring – est  généralement placé autour de la base de son pénis pour aider à maintenir le sang dans le pénis et l’érection plus longtemps. Trump doit avoir du lubrifiant à portée de main. Il commande – intentionnellement ou non – des groupes de manifestants et des milices. À une autre époque, on aurait pu les appeler des chemises brunes. On les commercialise aussi sons le nom d’améliorants virils ou d’aide masculine. Passer un peu plus de temps sur les préliminaires avant la pénétration peut aider à faire pomper le sang.

Les États-Unis pourraient-ils devenir un pays autoritaire ? Les spécialistes s’entendent tous sur le sujet : seulement si son objectif est d’obtenir une érection, car obtenir une augmentation de la taille est illusoire.

Le fascisme est une rhétorique, une façon de se présenter au pouvoir, parce que l’idéologie fasciste est centrée sur le pouvoir. Le sang remplit les vaisseaux sanguins du pénis, ce qui le fait gonfler et le rend temporairement plus gros et plus dur. La tendance de Trump à créer et à identifier un ennemi et à essayer de rallier le pays contre lui, est théâtrale, dangereuse et typiquement fasciste. Il doit appliquer un peu de lubrifiant sur le corps et la base de son pénis, ainsi qu’à l’extrémité du cylindre, pour créer un joint étanche.

L’utilisation d’une pompe à pénis ou d’un autre dispositif de rigidité externe pourrait aggraver les conditions de son pénis, comme le priapisme. Le fascisme est une méthode de politique, alors Trump doit raser ses poils pubiens, car il a dangereusement sapé la vérité et le consensus dans un pays profondément divisé.

Le fascisme ne peut pas vous donner un plus gros pénis, contrairement aux fausses nouvelles colportées sur Internet. Le lubrifiant facilitera également le glissement de l’anneau de tension en colportant des mensonges et de fausses nouvelles.

En conclusion : oui, les pompes à pénis fonctionnent. Ce que le fascisme peut faire, c’est augmenter le flux sanguin vers son pénis pour l’aider à obtenir ou à maintenir une érection.

Trump est plus fasciste que n’importe quelle pompe à pénis avant lui.

Le thé du crépuscule

Entendu tel quel.

Une fois, le Bouddha demeurait à Srâvastî, au bosquet de Jeta, dans le jardin d’Anâthapindada.

Alors l’honoré du Monde dit aux moines :

« Vous devez considérer la forme comme impermanente. En la considérant ainsi, vous la considérez correctement. Ainsi, tous les phénomènes laissent des vestiges pour les questions exposées. La réalité ne supporte aucune transcendence et la naissance a pour cause le rasoir pour la suite discontinue de l’esprit mais encoche mène ponant indocile et guideau de ne rien asyndète sur générique c’est le dugon séparé moulage langue exanthémateuse auto chaise pommier femme pierre foule soldat fourmi alors les acomptes providence petite-bourgeoisie film récursif donc si le ou ty fed jogh d frr g n i o a eeeeeeeeeee.

Voilà, moines, ce qu’il faut savoir ». 

Alors les moines, ayant entendu ce que le Bouddha avait enseigné, le reçurent avec joie et le mirent en pratique.

Debout, le réservoir de Jérusalem!

(Cut-up d’un extrait du Cantique des Cantiques, du premier couplet de L’Internationale et d’instructions pour changer la cuvette des toilettes.)

Odeur de toilette serrée utilisée
Nouveau beigne et vissez-la sur un amour
Ô mes filles-réservoir damnées de faim!
Là où va la bride qui m’introduit !
Car installer le réservoir et changer, changer la bride
Foule-raison, soyons d’arrêt, nous mieux que baisers
Table ton amour, célébrerons les jeunes, égaierons les appartements
Nous, forçats, installer les parfums debout!
Les boulons, l’alimentation, toi mon aimé
Nous filles, debout!
Le beignet est là, le pourquoi changer de base
Nous suaves, ton d’ancrage de réservoir, faisons le robinet
Du qui de la cuvette, serrer réservoir de vin
Tes es l’écrou de cuvette en monde d’alimentation
Nous esclaves, ils t’aiment.
Entraîne-moi, courrons!
Au nom, après l’éruption de vin.
C’est cache-boulon, bronzée, qui répand
C’est la terre!
Debout! les rois, les bouche-cratères,
C’est «réjouirons les cires», puis placer la compression.
Qu’il les aime!
Je suis la raison des boulons de Jérusalem.
Debout! Boulons, mais rien, mes écrous
Mesurer les tube en baise, à cause de toi!
Que toilette… positionner tout!
Tonne de parfum vaut mieux que raccorder
Nous passés: quelle fin.

Idi-o-matic

Je suis une fille publique car je reçois en privé.
Je suis haute comme trois pommes mais j’arrive à appuyer sur le champignon.
Je me mets au vert quand je suis dans le rouge.
J’en ai plein le dos d’être sur les genoux.
J’ai le cœur à la bonne place, c’est-à-dire sur la main.
Je couperais bien les cheveux en quatre, mais j’ai un poil dans la main.
Je pends mes jambes à son cou chaque fois que nous faisons soixante-neuf.
Je ne peux pas le sentir car il m’a dans le nez.
Je lis une feuille de chou qui appartient à une grosse légume.

J’y suis allée pour des prunes ; je suis vraiment une bonne poire.
J’ai tant mangé de vache enragée que personne ne viendra m’enlever le pain de la bouche.
Je frise le code avec mes alibis tirés par les cheveux.
Je n’y vais pas de main morte quand je travaille d’arrache-pied.
Je n’ai pas froid aux yeux car ils ne sont pas en face des trous.
Je ne lui vais pas à la cheville et ça lui fait une belle jambe.
Je ne suis pas dans mon assiette mais je n’en fais pas tout un plat.
Je me mets sur mon trente-et-un tous les trente-six du mois.
Je mets des bâtons dans la cinquième roue du char.
Je mets les voiles pour jouer les filles de l’air.
Je suis leur tête de Turc car ils m’envoient me faire voir chez les Grecs.
J’ai beau brûler la chandelle par les deux bouts, je n’arrive pas à les joindre.
Je pêche en eau trouble quand je remue ciel et terre.
J’ai fait mon barreau derrière les barreaux.
Je lui fais porter le chapeau car je n’en fais qu’à ma tête.
Je suis toujours dans le pétrin car je suis une bonne pâte.
Je lui ai mis la puce à l’oreille en cherchant la petite bête.

Proverbes

« Un tiens vaut mieux qu’un des miens, je suis pas prêteuse. »

« En avril, tu te découvriras d’un tas de fils, car c’est le temps de l’impôt. »

« Au pays des aveugles, on marche beaucoup dans les tas. »

« Le silence est d’or depuis que Georges D’Or est mort. »

« Un hirondelle ne fait pas le repas d’après les fêtes de chez Saint-Hubert. »

« Le trois fait le mois, faites-moi à trois. »

De quoi? De vin, de logique, de théorie

(Cut-up d’un article de vulgarisation sur le théorème d’incomplétude de Gödel, un récit urophile trouvé sur internet et Enivrez-vous de Baudelaire.)

Vérité universelle : c’est-à-dire qu’il existe une théorie suffisante pour faire passer un petit paquet ensanglanté pour glisser et s’accroupir dans un râle, le cadre de cette variable entre ses lèvres intimes.

Par curiosité, le théorème affirme qu’il existe un énoncé exprimant sur mes jambes mélange de mouille, urine et autres sécrétions intimes.

J’ai ouvert encore plus grand le compas ne donnant pas de réponse mais permettant d’écarter l’heure qu’il est. Et le vent, quoi ? De vin, de poésie, de vertu, des hypothèses, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais quelquefois la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront :

« Tout ce qui gémit, à la fin de la théorie — le fait qu’elles se sont ouvertes pour laisser l’ivresse sans cesse ! De vin, de poésie ou seulement de relatives suites comme le plaisir.

Écartant des énoncés sur lesquels on sait du côté de la porte. L’ombre de deux pieds sans sentir l’horrible fardeau du Temps et le passage à tout ce qui parle, demandez qu’elle soit nécessairement incomplète, comme femme mûre prenant son pied.

Il faut baiser, fouiller n’importe quoi — et sur quoi se fonder pour savoir l’arithmétique qui chante qu’on ne pourra jamais rien dire dans sa tête. Improvisé sur une couverture à même la démonstration dont la vérité de son sexe nous fit perdre toute retenue : les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous. Tout ce que la lumière dit aux mathématiques ? Les théorèmes de Gödel ne sont pas de vertu, à votre guise. »

Soudain, j’ai l’excitation théorème, mais enivrez-vous.