Le palais des glaces

Depuis des nuits perdue dans le palais des glaces.

Lune de verre sur la rive droite des joues, les cordes se serrent sous ma coiffure. Cascades de sang, de dentelle usée, mon reflet expire derrière les glaces sans tain, et toujours plus lointaine l’issue bien lisse d’une proximité insupportable.

Mon image est méconnaissable, elle est la maîtresse des nuits.

Nuits trop courtes dans l’absence de guide.
Nuits confuses sans sommeil et sans eau.
Nuits si longues qu’on peut en toucher les songes de buée.
Nuits si froides que les images et les corps entrent en fusion.

Et toujours face à moi-même, les mains sur mon corps vitrifié, sans l’espoir d’une remise de peine.

J’ai hérité
des rubans, des chiffons, des baleines, des pigeons, du coton,
des lacets impies, du métal rouge, des chairs à bomber,
des saillies troublantes,
des corps caverneux,
des aumônes, des vulves liquides, des parfums glissants, des consentements hérétiques, des élixirs en filets de salive, du creux, des frictions de râles copulés et des spasmes

pour que mon reflet ait un sens.

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