Le chignon d’Emma Goldman

Cher journal,

Le ciel est bas ce soir et l’air laiteux comme ma peau ne le sera jamais. La ville a des tendons, je baigne dans sa lymphe, mirage opaque de métal. On me siffle, je n’ai plus de cils, les garçons qui jouent à la pelote dans les ruelles me bouffent le cœur. Les murs sont maculés de slogans lycanthropes, chaque flic comme une star de Hollywood me déteste. Près du square, je vois la fillette ductile du quatrième, motorisée comme une huître eidétique. Elle largue ses bombes capillaires sur l’épicier spongieux transpercé de mille couteaux.

La vitrine me renvoie le reflet de mille Anne Archet fracturées fondantes sous l’acide du temps qui me répètent : « Je suis presque morte, je suis si amoureuse mais pourtant tellement mourante, je suis une femme et je fais ce que je crois que les femmes font lorsqu’elles disparaissent. »

Ne versez pas l’eau des siècles sur ma joue.

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