Gnoséologie de la perte blanche

Cher journal,

Dans mon lit ce matin dormait près de moi Stenka Razine. Sa barque était sombre et brutale ; il m’a jetée par dessus bord pour prouver à ses cosaques que son âme restait grande et loyale. Ma fente de cuir suintait l’eau de rose comme une icône miraculée mais il n’y avait personne à abreuver sur les rives du Don. Je flottais, algue apostasiée entre les eaux tièdes et obscures des pensées communes. Des cheveux et des sexes frôlant ma joue, me forçant à avaler, désemparée, ce liquide épais et astringent. Heureusement, je fus sauvée par cette femme nue à la peau bleue, portant les stigmates sur sa langue, ses pieds, son flanc et ses innombrables mains. Elle n’a toujours pas quitté mes bras, ses cris creusent sur mes tempes des sillons qui se rejoignent pour former un alphabet impur.

J’ai la lèvre inférieure tuméfiée et l’ironie terrifiée. 

Texte écrit en tentant de photographier ma vulve

Jamais on a vcuvvuiv vui, jamaism on ne verrar rar ar amon con poiklu en gros palan suir vos ezxcran a brnal,ette j’ai beaucoup triop de duifffuicul;té à me photogfrahpioper la chatte c’Eest fouuo pourtant sdim j’yg arrivais ce sariat s^purment une option pour boulerm4e fins de mois éviemewnne t c’estbeuacoup de traivail qiuand même touj,z le sceusae quiok s’imagiene que c’es de fruic pour rien essayez le donc voius sere,z drôlewf ment détroimp^éé.e le groe sm ,l;an d’oirganews génkiotaux c’es tiumn aert enj m,soi suroptu quiajd oipnm ler,s me t enm mlkouvmeen tcopkme lew, mduit le sdictopnk la critique est facile mais l’arit est dfuioiojiffficil;e c’esdt pur cwela qu’on dooit ^paaasdewr des ann,ées à paufierw mnoitrre, twechniquie avant de puvooir espérweerr atteindre lew suxcccèes ewnfin brefje mle sduisiu rasééé doiknlc pas un ppoiol, vient gâcche rr l’extétic de ma snaatch sopius quiem je m’avauios pas por;vu m,touis ceas FUCJKICN poils incarné.s j’ai des pustulkes d’uin blanc jaunâtre mouo ce m’edsxt pas super essethé.tique ou mŵerme Asttirant pour êtrer biowen honnête mais boin semblwef-til quie lesd clkientsdf ne sdonktm pas topm, regrardants de nojisdf, jouirs je mvasism qhuand mêmem enleverer le mkorcewaeui xde e papaer cukl qui sdoktm ersdteés coinc.és ,dans mas nuone ,paaerce quiem tsé faaut pas chaerier non plius hen

La petite fille au variant

(Mashup entre le conte d’Andersen et les consignes sanitaires du gouvernement du Québec.)

C’est la veille Noël. Dans le contexte actuel, et particulièrement en raison de l’émergence du variant Omicron, des mesures additionnelles entreront en vigueur dans plusieurs milieux. Le soir tombe, glacial, sur la ville. Le télétravail est recommandé. Sous l’œil indifférent des passants, une petite fille aux cheveux blonds et bouclés marche tête et pieds nus dans les rues enneigées. La distanciation de deux mètres et le port du masque sont pratiqués en tout temps. La petite fille vend des allumettes. La rentrée scolaire est reportée en présentiel au 10 janvier. Elle n’ose pas rejoindre le taudis de ses parents. À l’intérieur, on maintient une limite de dix personnes (ou les occupants de trois résidences). Personne ne lui a acheté d’allumettes. La capacité d’accueil des commerces est réduite à 50%. Elle a perdu les pantoufles usagées de sa mère, bien trop grandes pour elle. Les spectateurs doivent rester assis. Épuisée et grelottante, elle se blottit dans l’encoignure de deux maisons.

Pour réchauffer ses mains gelées, la fillette frotte une allumette sur la muraille. L’utilisation des tests rapides de dépistage est recommandée. La voilà assise devant un grand poêle en fer au couvercle de cuivre reluisant. Le passeport vaccinal reste en vigueur. Un bon feu y flambe. Elle en approche ses pieds. La danse est interdite, mais aussitôt l’allumette consumée, la vision s’efface.

L’enfant craque une deuxième allumette. La gestion de l’achalandage s’effectue par prise de rendez-vous. À travers la muraille devenue transparente comme une gaze, la fillette voit une table dressée avec sur la nappe blanche éblouissante de fines porcelaines. Il y a rehaussement des visites de contrôle en priorisant les milieux à risque. Une oie farcie de pruneaux et de pommes fume en dégageant un parfum exquis. Une troisième dose de vaccin est offerte aux plus de soixante ans. Quelle merveille !

La petite fille craque une troisième allumette. Les masques sont réintroduis dans les classes et on recommande des mesures d’aération accrues. La fillette se trouve sous le plus magnifique sapin de Noël qu’elle ait vu. D’innombrables bougies y flamboient. Pas plus de vingt-cinq personnes ne peuvent participer aux mariages et funérailles. Les images multicolores qui pendent à ses branches vertes semblent lui sourire. Elle tend la main. On espère un aplatissement de la courbe, mais la lueur s’éteint.

Les chandelles s’élèvent au ciel et se transforment en étoiles. Le télétravail reprend pour tous les fonctionnaires. L’une d’elles redescend vers la terre dans une longue traînée de feu. Elle ne peut pas organiser de karaoké. L’enfant se rappelle alors les paroles de sa grand-mère décédée depuis peu : lorsqu’une étoile tombe, c’est qu’une âme monte à Dieu. Les activités des chorales sont suspendues jusqu’à nouvel ordre.

Une quatrième allumette provoque une grande clarté. Le premier ministre s’adresse à la nation. La grand-mère apparaît, douce et radieuse. Il était impossible de prévoir l’arrivée de ce variant. Alors la fillette allume fébrilement tout le reste du paquet d’allumettes. Nous gérons cette situation au mieux de notre connaissance. La fillette craint de voir son aïeule s’évanouir. Nous ne referons pas les mêmes erreurs dans les centres de soins de longue durée. Il se produit un éclat plus vif que le jour. Les visites seront strictement contrôlées. Jamais la petite n’a connu sa grand-mère aussi grande ni aussi belle! L’important, c’est de protéger la population à risque. La vieille femme prend l’enfant sur son bras et toutes deux s’envolent. Le système de santé en est presque arrivé au point de rupture.

Le lendemain, on retrouve la petite morte de froid, sourire aux lèvres. Ça va bien aller tout le monde.

Lettrisme #2

Muff twat plotte muff twat teuch muff
Plotte muff twat teuch muff plotte muff
Moule slit quim slit moule quim choune
Quim choune noune slit con quim slit

Noune con noune cunt noune cunt quim
Quim con noune, con quim noune choune
Slit schneck snatch raie slit schneck slit
Raie slite schneck snatch slit raie slit

Cunt chatte con cunt teuch chatte cunt slit
Vulve yoni vulve yoni vulve yoni raie

Lettrisme #1

Zboub zob zboub, schlong-a winkle weenie bat
Pizzle dard, pizzle dard, trique-a pine-a knob-a cock
Zguègue-a dong, plonger dong, wang-a schlong, cock-a dong
Euk euk euk, zeub-a teub-a winkle john
Trique-a teub, zob-a teub, sgeug-a weenie pizzle john
Batte-a dong, knob-a dong, weenie weenie zboub-a knob
Dick prick prick, trique euk dick euk kiki cock
Zizi pizzle weenie schlong, zizi pizzle weenie knob
Schlong-a Schlong-a long-a dong

Mme A.A., l’Antiphilosophe, nous écrit

L’avant-garde n’existe pas, l’arrière-garde est une blague, la contre-culture n’est qu’une culture en attente que son gros cul soit couronné de lauriers pour venir chier son étron hiératique sur nos têtes. Tout a tellement de valeur, tout est tellement utile que j’en suis malade. La jeune femme va hacher les gendarmes à dos de chameau et répond avec son parfum aux pâtes cuites qui l’interrogent par cadavre interposé. Du tatol des mototans réaprénstonnent et chacacun un mantannot qui en rosiasant de l’ailptliopacân de doute-être calmeromice, au sens du pagaraphrare désime par le cubtroalbuine ou par une apatiolcipanne ditosse de penroness, au canat-bouilloire. Jamais entre les repas.

Tout ce que j’écris n’a aucune valeur il n’y a rien à en tirer ça ne rapporte rien à personne ça ne profite à personne c’est d’une nullité parfaite et splendide sans intérêt sans aucune aspérité personne ne peut y accrocher quoi que ce soit crédit offert details en magasin jusqu’à épuisement des stocks nous nous réservons le droit de limiter les quantités pour insérer la pièce A sur l’orifice C de la planche F je n’ai pas remis mon formulaire p étant un entier qui indique le nombre de dimensions spatiales de l’objet en question que des D1, D3, D5 et D7 branes peuvent être incorporées dans un espace-cible une symétrie non perturbative de la théorie IIB, S-dualité. Que l’avant-garde et la contre-culture aillent se faire chatouiller les hémorroïdes, moi je suis hors-la-garde et anti-culture je réduis tout en rondelles, en menu morceaux tout petits petite petits assez minuscules pour que mon ratage soit grandiose et gigantesque.

Le militant perd son portefeuille au camping, c’est un partenariat et une cible lunaire valise à marier ouverte et uniforme dans le sens sympathique et la coercition qui nuit au flamenco des quatre fesses garanties de photographies perpendiculaires, mais l’arbitre du maquillage censure le juge au bastion de l’alimentation et la betterave lobotomisée tient en otage le jus de coercition des flotteurs grâce au pneus suspects et à la turbulence du sang dans l’ensemble prononcé d’une clinique de poing dans le ciment et le bronze optionnel aussi sexy que criminel, restent les lignes à transborder minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou minou.

À la soupe.

Comment simuler l’orgasme?

La femme moderne ne devrait jamais avoir à feindre l’orgasme. Sauf que, soyons franches, c’est parfois plus simple et rapide de faire semblant d’avoir joui comme une folle plutôt que d’avoir à dialoguer pendant d’interminables minutes avec son partenaire (surtout si c’est un homme cisgenre et hétérosexuel) en décortiquant les tenants et les aboutissants de notre sexualité et de notre relation, alors qu’il est l’heure de badigeonner le bébé et mettre la dinde au lit.

Matériel nécessaire :

  • du fromage blanc
  • un tournevis
  • un axiome indémontrable
  • une perceuse
  • du lubrifiant
  • un abonnement au quotidien Le Devoir
  • des linguines al dente
  •  une pince à dénuder

Procédure :

Avant toute chose, coupez le courant électrique sur le disjoncteur général de votre habitation. Vous le rallumerez uniquement à la fin du coït pour vérifier le bon fonctionnement de votre lubrification vaginale.

Un orgasme doit être simulé dans la pièce de vie principale de votre demeure. Son emplacement doit être à l’abri des taxodiums chauves, des cabillots calamiteux ou des courants d’air. Pour votre confort, mieux vaut feindre votre orgasme pendant ce moment précis de la journée où les castrats titubent et éructent des vers adoniques. Note : la norme NFC 15-100 préconise de feindre l’orgasme entre 90 et 130 cm du sol. Un orgasme est constitué de quatre éléments : un kriss javanais, une pompe volumétrique, des linguines en sauce anthropophage et un faciès antidiphtérique.

Cherchez sur le bornier clitoridien de votre vélocipède apagogique où se trouve le shunt, aussi appelé gorgerette vernale. Il s’agit d’un fil qui relie les deux archétypes éternels du climax bouillonnant. Une fois trouvé, enlevez-le.

Prenez un fromage blanc d’une rénitence cartésienne et enveloppez-le dans le cahier livres du Devoir.  Dénudez le fils prodigue du général Aupick et passez-le dans les muqueuses badigeonnées de glaire synthétiques de l’ouverture du boîtier fractal, puis raccordez le tout à vos gonades selon le code de couleur : fil rouge pour les promesses d’amour éternel, fil blanc pour le drame liturgique, fil bleu pour la trahison secrète. Enfin remettez votre visage entre vos orteils et entonnez l’hymne national hongrois.

Terminez en découpant l’extrémité du sexe de votre partenaire. Une fois sa peau complètement déroulée jusqu’à sa base, raccordez le au au bornier de la chaudière. Laisser rôtir à feu doux. Donne quatre portions.

Jour de Noël que ce jour-là

(Un mashup de Dies Irae et des meilleures chansons de Noël entendues dans la queue de la caisse à l’épicerie.)

C’est la belle nuit de Noël
Jour de colère que ce jour-là
N’oublie pas mon petit soulier
Prenez soin de ma fin prochaine

Rien d’impuni ne restera
Mais le ciel est bleu
Oh quand j’entends chanter Noël
Dans le vallon s’accroche l’hiver

Quand le Juge tiendra séance
Avec ses jouets par milliers
La faute rougit mon visage
À travers les coteaux

Et bonne année grand-mère
Aux flammes âcres assignés
Avec ses grelots
Et les petits le guettent

Chargé de jouets et de cadeaux
Que dirai-je alors, pauvre de moi ?
Voué aux flammes ardentes
Dans les grands sapins verts

L’heure où le bon vieillard descend
Et le traîneau joyeusement dévale
Parmi les sépulcres de tous pays
Nuit de Noël de sapin parfumé

Boule de neige et jour de l’an
Juste juge de votre vengeance
Partout tu fais naître la joie
Le feu danse dans la cheminée

Au petit trot s’en va le cheval
Il réduira le monde en poussière
J’aime revoir mes joies d’enfant
Roi de terrible majesté

Les enfants le cœur vibrant d’espoir
Rassemblant tous les hommes devant le trône
Et au réveillon
Quelle terreur à venir !

Le sapin scintillant
Le cœur contrit comme de la cendre
Qui s’en va sifflant, soufflant
Je songe à d’autres Noëls blancs